Actualités

Lettres confinées de la classe de seconde 1

Par respweb lyc-monge1, publié le vendredi 29 mai 2020 16:42 - Mis à jour le vendredi 5 juin 2020 14:59
lettre_manuscrite.PNG
Ces lettres sont accompagnées de photographies, que vous trouverez en fin d'article.

 

Lettre d’intérieur

 

Chère entité astronomique supérieure,


Je ne pense pas que la procédure habituelle pour rentrer un contact avec vous soit l'écrit. Mais en tant que lycéenne, je ne suis pas initiée au partage d'idées et de sensations, avec l'énergie universelle, autrement que par ce biais.
Je souhaite vous tenir au courant de mon état. En résumé : j'ai l'impression de m’être fusionnée avec mon bureau… mes mains se confondent petit à petit avec le clavier de mon ordinateur, mon postérieur ainsi que mes jambes sont en symbiose avec ma chaise, mon buste de se recroqueville, mes yeux ne sont plus les fenêtres de mon âme mais deviennent des siphons qui aspirent la lumière émanant de mon écran. Ma peau reste blanche et mon visage pâle malgré le soleil. Pour vous rassurer : mes pieds ne se sont pas encore fondus aux roulettes de ma chaise bureautique ! C’est un état que je ne peux pas tenir très longtemps.
Il me manque de sentir le papier et les stylos entre mes doigts. Les dossiers de mon ordinateur sont chargés mais organisés. Tout paraît si virtuel, presque imaginaire. Ces travaux, ces messages qui représente la seule communication entre êtres humains, sont enregistrés à jamais mais à la fois volatiles et éphémères. Il me manque de sentir mon corps se soulever toutes les heures. Il me manque d’observer, d'écouter de comprendre les explications, les démonstrations, les manipulations, les interventions, les rectifications, les sermons de mes professeurs et de mes camarades.
Grande entité astronomique supérieure, cela fait assez longtemps tout de même que cette situation pèse. Mais je sais que sur beaucoup elle pèse plus lourd encore. Evidemment, nous savons, vous et moi, et certains autres, que nous ne pouvons en vouloir qu’à nous-mêmes. Mais dans quelles mesures ? Sur cette questions les avis seront divisés. Depuis un certain temps les humains vous ont presque absolument oublié. Moi-même, pauvre rationaliste, je ne mesure pas votre ampleur. Mais une chose est sûre, cette période m'aura au moins permis de me recentrer sur un rayon d'un kilomètre. Je découvre les gens qui vivent autour de moi, dans le village. Ma famille, je la connaissais déjà suffisamment bien. Mais moi, la personne que je suis en a appris un peu plus sur sa personnalité, ses goûts, ses envies, ses humeurs, ses intérêts, ses capacités. J'ai découvert , contre toute attente, que l'espoir que je sache un jour bien jouer d'un instrument, n'était pas tout à fait perdu et que je savais peut-être un peu mieux me servir d’un crayon que je ne l'avais pensé.
Le temps se composent de phases, d'événements. Cette spirale d’années, de mois, de semaines et de journées tourne toute seule dans notre subconscient, depuis que nous sommes rentrés dans la phase du confinement. Mais contrairement à de véritables vacances, la peur de manquer quelque chose est restée.
Je pense à mon grand-père qui attend dans son urne de rejoindre sa femme sous la terre, à sa famille et à ses amis qui n’ont pas pu faire leur dernier adieu. Cette maison vide ou dorment nos souvenirs derrière la frontière fermée.
La perte aussi pèse. On entend des chiffres, mais on ne peut être véritablement conscient de leur importance. La mort, frappe tout autour de nous. Et nous partageons la peine de ceux dont ils étaient proches. Ces gens dont on ne verra plus jamais le visage. Parfois ce sont des personnages que l’on a croisés, que l’on connait de nom…
Nous aurons un grand nombre de leçons à tirer de cette épidémie, le doute et l’espoir cohabitent, mais chacun devra choisir.


Ada Schmitz

 

***

 

Villers Semeuse, le 15 mai 2020
 

Cher Gaël Faye,


J’ai adoré votre roman, « Petit Pays » et les chansons que vous avez composées en l’honneur de votre pays natal, le Burundi. Je ne savais pas que dans ce pays, entre le 7 Avril et le 4 juillet 1994, le génocide rwandais scindait la population en deux groupes, séparant ainsi des familles entières et que les gens d’une même population au départ massacraient d’autres personnes innocentes qu’ils jugeaient Tutsis ou Hutus … Vous avez écrit sur cet évènement, racontant le déchirement entre ces deux peuples, montrant ce que les gens, et vous-même, avez vécu. Vous avez utilisé le regard d’un enfant innocent, que l’on identifie rapidement comme votre alter ego, pour décrire le massacre des membres de sa/votre famille. Je trouve cela courageux de parler de cet évènement plus que triste… et je trouve que l’écriture est un bon moyen d’en parler.
Personnellement, je n’ai jamais visité l’Afrique. Je ne connais que les paysages que vous avez si souvent décrit dans votre livre. J’ai découvert celui-ci durant le confinement, vous qui ne croyez pas aux bons côtés du confinement, aux vertus de ces jours désemplis comme vous l’aviez dit dans votre lettre d’intérieur adressée à votre ami… Je ne pense pas comme vous : le confinement m’a permis de me plonger dans votre livre, de découvrir votre vie à travers votre alter-ego nommé Gabriel et de percevoir sans mal les sentiments de celui-ci. J’ai trouvé ce livre très intéressant, instructif mais triste vers la fin.
 Le confinement m’a même amené à réfléchir sur le monde extérieur : pour moi, Tutsis ou Hutus, nous sommes tous des êtres humains avant tout. J’aurai aimé voir le film qui a été adapté de votre livre mais pour l’instant, je ne peux qu’attendre.
J’ai plusieurs questions : Avez-vous vraiment écrit et envoyé ces lettres de correspondance en France lorsque vous étiez au Burundi ? Et à votre avis, pourquoi les Européens n’ont-ils pas agit en arrêtant ce massacre au lieu de rester, comme vous le dites si bien dans votre clip TV, derrière un écran de télévision, à écouter des médias « corrompus par la politique » ? Préférez-vous votre ancienne vie au Burundi ou votre vie, ici en France ?

Merci d’avoir lu ma lettre, avec mes sincères salutations,

Chloé DOS SANTOS

 

***

 

Haybes, le 12 mai 2020

 

Mamie

Cette expérience inédite qu’est le confinement est apparu d’une manière brutale.
Si brutale que personne ne si était préparé. J’ai même laissé quelques affaires à l’internat.
Pendant ces deux mois j’ai beaucoup pensé à toi; Je me rappelais  ces fameux mercredi midi lorsqu’avec maman l’on venait manger chez toi ; c’était toujours steak purée.

Aujourd’hui la vie reprend petit à petit et le goût de la liberté se fait sentir.

Ce confinement début printemps me donnait un avant-goût de l’été : le bruit incessant des tondeuses, les barbecues et le soleil qui  notre peau  colore.

On mangeait beaucoup et on bougeait moins. La voisine qui s’ennuyait aussi nous faisait des pâtisseries. Au fil du temps, le ventre plat a laissé place à une petite brioche comme celle du boulanger  que tu nous ramenais pour déjeuner.

Deux mois sans se voir, en étant éloigné : et c’est sans surprise que ma copine s’en est allée avec une excuse pitoyable à mon goût.

On verra à la rentrée…

Encore hier maman me disait que tu as pleuré car tes petits-fils te manquaient, que tu te sentais seule.
Je te promets de venir te voir très bientôt.

« On rattrapera le coup autour d’un bouffe !

En attendant je t’embrasse et espère te voir très prochainement. Commence à préparer ton couscous !


C.T.

 

***

 

Les Ayvelles, le 17 mai 2020


Cher Gaël Faye,


Cela fait maintenant une semaine que nous sommes déconfinés. On nous a enfin libérés. Ces deux derniers mois étaient comme hors du temps, une longue parenthèse brumeuse, en attendant le retour de la réalité. Comme un rêve, qui s’accroche, et je lutte pour sortir de cette torpeur. Les jours sans fin se sont enchaînés et je me suis demandé, chaque matin, chaque soir, chaque heure, chaque minute, si le réveil allait sonner, si j’allais me réveiller en maudissant ce cauchemar qui n’en finissait pas. Pourtant, il semble que cette nouvelle vie soit bien réelle.
On nous a laissé sortir et ce cauchemar reste le même. Ces temps sont effrayants. Je n’ai pas peur du virus, ce qui m’effraie, c’est la crainte des gens, cachés derrière leurs masques qui changent de trottoir en croisant un inconnu, c’est la peur qu’a l’homme de quitter un instant sa maison. Ma véritable crainte, c’est de devenir comme tous ces gens, je suis comme tous ces gens, je m’écarte de mon voisin, qui me parle pour la première fois depuis deux mois, et je me dégoûte. J’ai peur pour l’amour, pour l’amitié, pour la famille. Les étreintes, les sourires me manquent, cachés derrière les masques. J’aimerais tant retrouver les bras de mon grand-père, l’odeur de ma grand-mère, les anniversaires, attablés tous ensembles. J’aimerais pouvoir enfin sortir sans me poser toutes ces questions. A quand la paix ?

C D

 

***

 

Charleville, le 17 mars 2020,


Hugo mon ami,

Ce début de confinement était pour moi quelque chose d’inhabituel. Je restais toute la journée dans mon lit en me demandant quand cela allais finir. Je sombrais dans le désespoir de ne plus jamais te voir,mon fidèle ami. Durant  cette période, tout  me paraissait long, J’ai souvent repensé à toutes nos bêtises faites ensemble…Malgré tout je garde espoir. Aujourd’hui le monde est noyé dans ce malheur causé par cette maladie . Ma seule question :  serons-nous toujours là à la fin de cette épidémie. Je ne crois pas que nous nous reverrons .Je crois que nos promesses de ne jamais se dire aujourd’hui n’auront pas lieu. Arriverons nous à retrouver le bonheur, j’en doute fort .En restant chez nous, nous pouvons changer notre futur pour qu’il y ait  moins de victimes et que nous puissions revoir les personnes qui nous sont chères. J’ espère te revoir un jour

LB

 

***

 

 Renwez, le 10 Mai 2020


Cher  Noé,

J’ai hâte qu’on puisse se revoir. Aujourd’hui c’est le dernier jour de ce terrible confinement et bizarrement j’ai l’impression que c’est la plus longue journée de ma vie. Je n’ai plus rien à faire j’ai regardé tellement de séries, joué à tellement de jeux, lu tellement de livres mais maintenant tout ça m’ennuie.
Pourtant je ne suis pas du genre à aller souvent dehors, je ne pensais même pas que ça allait me manquer et pourtant…Je ne vois plus mes amis, bien sûr je peux leur parler par message ou les appeler, mais ce n’est pas pareil. Ce qui me manque le plus bizarrement c’est de sortir prendre le bus, je sais que c’est étrange et même moi je ne comprends pas pourquoi. D’habitude je déteste ça, je dois me lever à 6h du matin pour ne pas le rater et je fais ensuite 40 minutes de route pour descendre à mon arrêt. Je me suis rendu compte que ça me manquait. Je me suis rendu compte que le chemin jusque la place devant la mairie bizarrement me manquait. Je me suis rendu compte que de voir mes amis attendre le bus me manquait. Je me suis rendu compte que j’adorais la vue que m’offrait les fenêtres du bus le matin. Je me suis rendu compte que c’est le meilleur endroit qu’il existe pour écouter de la musique et que certaines musiques ne sont pas aussi belles en étant autre part. Je me suis rendu compte que le lycée me manquait. Je me suis rendu compte que je veux y retourner. Je me souviens pourtant lorsqu’ Emmanuel Macron a annoncé le confinement avoir crié de joie avec Jules. Je regrette maintenant, je comprends pourquoi cette mesure a été mise en place mais j’aurais préféré qu’il soit possible de trouver autre chose qui soit aussi efficace, car même si au début cela ne me dérangeait pas trop (sauf pour les cours à distance qui sont une torture),j’ai constaté  que tout le monde s’énervait plus facilement, que l’ambiance chez moi avait changé, je ne sais pas dire pourquoi ou comment mais les journées ont commencé  à un certain moment à devenir plus longues, plus ennuyantes alors que je faisais beaucoup de choses, quelque chose me manquait. Mes amis. J’ai hâte que ce confinement se termine demain.
Demain je passerai te voir!
A demain,

SV

 

***

 

Vouziers ce 15 mai,


Mes amis,

Nous étions heureux de nous  voir tous les matins mais plus encore toute la semaine pour mes amis de l’internat.  Là où  tout est si différent la cohabitation nous a rendus forts mais nous avons pris un coup de massue alors que nous commencions seulement à vraiment nous connaître et à devenir bien plus que des amis.
Nous étions comme frère et sœur. D’un jour à l’autre la proximité que l’on a été réduite à néant.
Sur le coup, nous étions heureux.  Mais le temps passe et repasse. On pense, on se souvient des bons moments et l’on se dit que plus rien n’est pareil depuis ce jour de séparation.
En fait, l’on a comme perdu la vie d’avant.  Nous ne pouvons plus être à côté des uns et des autres. Le virus nous a battu par sa rapidité mais la proximité nous a réduit à néant, nous qui sommes si proches. Il faut désormais attendre la rentrée prochaine si tout se passe bien .   

R.

 

***

 


Charleville-Mézières, Le 11 mai 2020


   Lina, ma cousine,


Je t’écris en ce jour, pour te faire part de mes 55 jours confiner qui se sont plutôt bien passés.
Mes premières semaines de confinement ont eu la même routine chaque jour : ménage, devoir ( je ne te mens pas que ce n’est pas facile d’étudier en autonomie chez soi), sport, ainsi de suite…

Mardi 5 mai 2020, j’ai fêté mon anniversaire, si on pouvait appeler ça une fête, j’ai eu un sentiment bizarre de ne pas voir toute ma famille réunie pour mes 16 ans,  contrairement aux autres années.
C’est triste de voir sa ville, son quartier aussi vide avec une ambiance anormale.
Aujourd’hui c’est le premier jour de dé-confinement, mais malheureusement le virus circule toujours.
J’aimerais que notre président nous annonce en début juin 20h « Mes cher compatriotes, cette crise est terminée, un vaccin a été trouvé, profitez bien de vos vacances d’été », mais bon vu la situation ce n’est pas près d’arriver.
Sinon j’espère que de ton côté tout se passe bien, je te fais de gros bisous.

                  Mouahhhh jtm, S. ta cousine.

 

***


Pour Gaël Faye,


Jeudi 14 Mai 2020.


Petit Pays, un très beau roman n’est-ce pas ? Je ne suis pas une grande lectrice ni une passionnée de roman, mais j’ai été bouleversée par la tragique histoire de votre personnage fictif, Gaby. La réalité ne m’apporte guère en émotions, pourtant je ne peux m’empêcher de repenser et d’imaginer ces événements, sans vous. Certes, vous n’étiez qu’un adolescent qui profitait de sa famille et de ses amis, mais vous ressentiez – et cela est toujours le cas je pense – certaines émotions et sentiments que peu de personnes connaissent à cet âge. L’évolution dans le temps me fait voyager en même temps que les pages, l’histoire évolue en crescendo vers l’élément final du livre et les dernières pages sont le saut dans le temps que nous attendions, finalement ? Cette lettre de fin nous emmène et raconte encore avec Petit Pays, au présent.
Je pense que j’ai assez parlé du livre même si mes ressentis sont un grand résumé de mes émotions. Notre professeure de français, nous a fait parvenir votre lettre que l’on pouvait écouter, la deuxième écoute m’a fait un effet qui m’a inspiré pour écrire cette lettre, tout avait changé à propos du style littéraire et surtout du ton. Comme vous aviez dit et constaté, beaucoup de choses ont changé depuis cet été 1994, mais vous gardez espoir et vous gardez encore de la force pour revoir votre ami d’enfance.
Mes sincères salutations,
 

Juliette

 

***

 

Lettre d'intérieur

Bonjour chère amie,

Cela fait longtemps que l'on ne sait pas parler ou du moins donner des nouvelles. Je tenais énormément à te dire certaines choses, une de ces affreuses nouvelles me pèse. Je pense que tu es consciente qu'il y a un virus qui se propage au niveau mondial. Il faut faire très attention à    nous, à nos proches ainsi qu'à nos amis mais il faut le faire à distance. Malheureusement beaucoup de personnes ne respectent pas certaines  règles. Personnellement je les respecte entièrement, je ne voudrais pas attraper ce virus et encore moins le transmettre à ma famille.
 Assez parlé de ce virus pourri, j'ignore comment aborder le sujet mais, ma grand-mère est malade, elle a dû être hospitalisée à l'hôpital de Manchester. Des personnes qui demeuraient dans cet hôpital avaient le virus. Je ne peux pas dire que ce virus a facilité la tâche à ma  grand-mère, elle s'est éteinte, cela me fait énormément de peine. Souvent, je pense à elle, à tous les merveilleux moments, souvenirs que nous passions toutes les deux, j'en ai les larmes aux yeux, je suis énormément triste, elle était et elle restera une femme géniale, gentille, souriante, pleine d'amour... Mon amie, avant de te quitter, je dois te dire l'expérience que je vis durant ce confinement, tous les matins je suis levée à 9h puis je déjeune ensuite je m'habille, puis à 10h environ je commence mes devoirs. Une fois qu'ils sont finis je vais dans mon jardin pour jouer au foot avec ma famille, mon père a même acheté un filet de volley pour qu'on puisse jouer au volley, heureusement que je suis grande parce qu'il fait deux mètres de haut. Nous jouons aussi au badminton ou même à la pétanque. Parfois, je vais devant chez moi pour faire de la trottinette, histoire de me changer les idées, j'aime bien sortir pour me vider la tête, pour ne plus penser à rien. Voilà, je t'ai tout dit sur ce que j'ai vécu pendant ces deux derniers mois même les moments les plus douloureux. Prends soin de toi et de ta famille et j'espère te revoir bientôt, je t'aime et je pense fort à toi, bisous.

V.

 

***

 

Aubrives, le 12 mai 2020,

Corentin, mon ami,
La fin de cette étrange période est arrivée, mais nous ne sommes toujours pas à l’abri de ce foutu virus. Ma famille et moi avons eu de la chance durant ce confinement malgré le fait que papa a continué a travailler. Quant à maman elle vient seulement de reprendre le travail… ce furent quelques jours de stress mais c’est passé.
Notre petite campagne a drôlement changé, la nature a repris ses droits, plus d’un terrain a vu renaître de hautes herbes. J’aimerai tellement que tu puisses voir à quoi ressemble la Meuse et ses paysages, aujourd’hui tout est différent. Nous pourrions discuter sur le rivage comme nous le faisions avant.
Finalement on peut dire que ce virus à au moins fait une heureuse..La Terre !
Et je suis sortie, tu sais, histoire de faire deux ou trois courses avec papa..Oh comme les gens ont changé ! On aperçoit tout de suite le regard apeuré sur les visages.

Mis à part ça, je n’ai pas fait grand-chose, c’est passé assez vite moi qui pensait que cela deviendrait ennuyeux. Nous avons construit un mini potager et Oslo est toujours en vie. D’ailleurs il attend tes fins de glaces avec impatience..
Je suis tout de même soulagée que mon entourage aille bien et le tien, ça dit quoi ? Raconte-moi…

E.

 

***


Bonjour grand-mère ,


Comment vis-tu ce confinement ? Personnellement je me sens plutôt bien , je me sens comme en vacances en sortant maximum une heure par jour pour faire du sport , avec des cours et devoirs .
En cette période trouble et stressante de pandémie de Covid-19, nous sommes obligés de rester en confinement. Il est très utile pour nous tous car il permet de stopper la propagation du virus. Nous avons vu les résultats par rapport au cas de coronavirus avant et après le confinement, malgré les gens qui ne le respectent pas. Pour mes expériences, Dans le huis-clos que nous impose ces journées d’isolement, nous sommes confrontés à nous-même. Notre vie habituellement débordante d’activités se fige. Même si moi ça ne me dérange pas excessivement , Cette épidémie de Covid-19 nous amène à repenser notre mode de vie. En confinement, nous sommes placés dans une situation inédite de notre existence qui apparaît comme un grand saut dans l’inconnu.
 

T.

 

***

Cher Gaby,


Je te remercie d’avoir partagé ton histoire et d’avoir permis l’observation de ton enfance, qui a été pour toi une période heureuse, puis malheureuse de ta vie. Tu as montré la réalité d’un monde qui n’est pas aussi paisible qu’on pourrait le croire au début du récit : la sécurité, que l’on croit inaltérable, est fragile. Merci d’avoir montré cette période historique où des millions de personnes ont cédé à l’intolérance, à la haine et au racisme, car il faut s’en souvenir. Comment as-tu pu supporter tout cela ? Ma sensibilité ne me le permettrait pas. On t’a volé l’insouciance de ton enfance, tu as connu la peur et la souffrance à cause de la cruauté de certains hommes, ce qui m’a bouleversé.
Quand l’homme comprendra-t-il qu’il serait préférable de s’unir plutôt que de s’anéantir ? Le bonheur est dans la paix et non pas dans la guerre. Je te souhaite donc de la paix et du bonheur à présent. Que l’homme évolue avec son cœur et non pas avec sa haine, pour un monde meilleur.
 

L.

--- Photos du confinement ---

 

Elise Bodart

 

 

Chloé Dos Santos 

 

 

Juliette Delabaere

 

Roman Dufils

 

Ada schmitz

 

Léo Leger